Guy Jacques dans la manchotière de Crozet lors de la campagne océanographique Antiprod 1 en 1977 à bord du Marion Dufresne

Deux raisons expliquent la création de ce site Parlons Sciences :

Si j’ai publié une vingtaine d’ouvrages, un certain nombre d’autres textes ne l’ont pas été et il me semble dommage que des informations scientifiques, des réflexions sur l’évolution de nos sociétés dans un environnement se dégradant rapidement ne puissent être accessibles. Le confinement lié à la pandémie de la Covid-19 n’est pas étranger à ce désir assez général de « mémoire ».

Un nombre croissant de nos concitoyens ne croient plus dans les institutions, notamment dans celles qui fondent la confiance dans la connaissance et la recherche scientifique. Sans aller jusqu’au « fausses nouvelles » qui fleurissent sur les réseaux sociaux, on doit s’inquiéter du traitement de l’information scientifique par les médias, qui explique en partie le refus, par des pans entiers de nos sociétés, d’accepter des théories scientifiques parmi les plus validées. Pour les complotistes, « la vérité scientifique n’existe pas »  ! Or, l’intégrité scientifique est une responsabilité des chercheurs eux-mêmes étant évident qu’une « vérité » est liée à son époque. Sans microscope, sans télescope, sans satellite on ne pouvait pas avoir la même vision du monde.

Les approximations, les changements d’avis, parfois les querelles des médecins, chercheurs et experts de toute nature lors de la crise de la Covid 19 n’ont rien arrangé. Citons un exemple emblématique de la médiatisation d’une imposture scientifique médiatisée. De janvier à aout 2007 Le Point publie une chronique hebdomadaire « Le biomimétisme selon Idriss Aberkane » expliquant comment s’inspirer de la nature pour innover. Malheureusement aucune source scientifique n’étaye ces informations dont la plupart sont fausses. France Culture de son côté, en 2017, consacre un reportage à la « génodique » dans « Quand la musique adoucit l’esprit du vin » sans aucune preuve scientifique de stimulation de la production de protéines chez les plantes quand on leur diffuse des séquences de notes de musique. France Inter reprend cette information dont France info rappelle heureusement que l’on cherche en vain la moindre preuve à cette théorie de Joël Sternheimer, connu comme chanteur sous le nom d’Évariste, « chercheur indépendant » mais docteur en physique théorique à l’Université de Lyon ! 

– Les scientifiques doivent également prendre en compte les compétences modestes, dans le domaine de l’environnement, de la majorité des écologistes politiques. L’un des objectifs de ce site sera de contribuer à combler quelques-unes de ces lacunes.

– Il faut aussi tenir compte du refus de pans entiers de la société d’accepter les théories scientifiques même les plus validées. En 2019, Le Point se réjouit parce que jamais autant d’Américains n’ont adhéré au darwinisme : 22 % contre 9 % en 2000 ! Et la science disparait progressivement du monde musulman, qui fut, entre le VIIIe et le XVe siècle, à la pointe du progrès, une alliance créationniste s’instaurant entre eux et les évangélistes américains. En 2020 on apprend que le climato-scepticisme progresse dans une nation développée comme les États-Unis. Évidemment plus chez les républicains de Donald Trump : 27 % (contre 83 % chez les démocrates) seulement estiment que le changement climatique est une menace ! En France même, un quart de la population est climatosceptique, même si la science se situe au premier rang à l’aune de la confiance avec 87 % de réponses « très » ou « assez confiance » : à comparer à 58 % pour la justice, 47 % pour les grandes entreprises et…38 % pour l’Assemblée nationale…