Le concept de « développement durable » est tellement à la mode qu’il fait partie des objectifs d’activistes, d’écologistes, d’écologues, d’humanistes, d’enseignants, d’entrepreneurs, de salariés, de politiques. C’est parce qu’il s’agit d’un oxymore (comme « guerre propre » ou « obscure clarté ») qui permet toutes les interprétations pour ceux, nombreux, qui souhaitent « changer les choses ».

Mais croissance et durabilité ne sont pas compatibles. Plusieurs lanceurs d’alerte nous ont prévenu mais nous ne les avons pas cru. C’est surtout le cas du rapport Meadows de 1972 Limites de la croissance qui doute de la pérennité et de la moralité de la société de consommation et prône l’arrêt de la croissance et la limitation de la démographie. Les hommes politiques plantent des arbres mais ils n’agissent pas suffisamment pour stopper l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, réduire l’épuisement des ressources de la planète et l’érosion de la biodiversité.

La solution passe par l’abandon du PIB comme mesure de la réussite d’une nation, d’autant que la satisfaction de vivre ressentie par les habitants ne lui est plus liée sauf, évidemment, quand les revenus sont trop bas.

Il n’ y a pas d’avenir non plus sans une réduction drastique des inégalités entre pays riches et pays pauvres et entre riches et pauvres au sein d’une nation.

Un certain nombre de solutions sont entre nos mains. Tout d’abord lutter contre la publicité qui envahit de plus en plus nos rues, nos écrans, nos cerveaux, de manière à nous séduire pour nous faire acheter ce dont nous n’avons pas réellement besoin. La crise sanitaire en cours a montré les vertus d’une vie plus sobre. Beaucoup d’entre nous, notamment les jeunes générations, sont prêts à réduire les effets pervers de la mondialisation outrancière et à limiter les déplacements lointains. La prévision des transporteurs aérien d’un doublement du trafic en 2050 ne se fera pas et c’est fort bien. La durabilité d’une vie saine pour les générations futures est à ce prix