Même si, en 2020, Leonardo Di Caprio, Emmanuel Macron et  Kamela  Harris l’ont encore affirmé, c’est une erreur scientifique que de prétendre que 20 % de l’oxygène que nous respirons viennent de la forêt amazonienne dont le bilan est à peine positif ! Il est tout aussi faux d’attribuer le rôle de « poumon » de la planète à l’océan : un océan sans vie n’aurait aucune incidence sur la teneur en oxygène de l’atmosphère.

L’intérêt des forêts tropicales et des océans est ailleurs : piégeage de CO2, régulation du climat, sources de biodiversité. Pour l’océan cette idée fausse tient à ce que, à l’échelle géologique c’est bien lui qui a rendu l’atmosphère « respirable » pour les organismes terrestres. En 2,5 milliards d’années, les cyanobactéries, puis les eucaryotes, ont totalement modifié la composition de l’atmosphère : presque plus d’eau, presque plus de CO2 (même si c’est lui qui pose des problèmes !) et un enrichissement en oxygène qui ne risque absolument pas de manquer : il a perdu seulement 1 % de sa teneur en 1 million d’années.

À chaque incendie en Amazonie médias et politiques s’exclament « Protégeons le poumon vert de la planète! » ce qui n’a aucun sens. Même remarque pour les océans dont les algues microscopiques du plancton ne sont pas non plus le poumon de la planète. Nous montrons dans cette vidéo que l’intérêt de l’Amazonie (des forêts tropicales en général) est bien ailleurs (puits à CO2, régulation climat, de l’Amérique du sud et, avant tout, haut-lieu de la biodiversité). L’atmosphère n’est de toute manière absolument pas menacée par un manque d’oxygène ce qui n’est pas le cas des océans. De plus en plus d’aires côtières manquent d’oxygène en raison des apports croissants de nitrates et de matière organique qui les fertilisent (pensez aux « marées vertes » à ulves en Bretagne) et conduisent à une dégradation par les bactéries qui consomme beaucoup d’oxygène. C’est le cas, notamment, de la mer Baltique et de la mer Noire : dans cette dernière il n’y a plus du tout d’oxygène à partir de 90 m de profondeur, cette limite étant encore de 140 m il y a une trentaine d’années. Mais au voisinage des aires de haute production de l’océan mondial (notamment les remontées d’eau intertropicales) les eaux entre 150 et 300 m de profondeur manquent d’oxygène. Le cas emblématique est celui de l’upwelling du Pérou/Chili, le plus productif, avec une anoxie entre 150 et 450 m de profondeur. Dernier exemple, celui des aires de plongée d’eau (zones arctiques et antarctiques, Méditerranée). Le réchauffement climatique risque de diminuer ces plongées d’eau et donc l’apport d’oxygène aux organismes vivant en profondeur.