À partir du moment où un écologue s’aperçoit des limites de la planète et de l’épuisement de nombre de ses ressources il est convaincu que la poursuite de la croissance, c’est-à-dire de l’augmentation du PIB…donc de la consommation de tout, mène l’humanité dans le mur.

En ce sens le terme « développement durable », popularisé dans le rapport Bruntland de 1987, est un oxymore car il existe une incompatibilité fondamentale entre le développement économique, processus avant tout destructeur (ressources et biodiversité) et la durabilité. Concilier l’économie (croissance de la production), le social (meilleure répartition des richesses) et l’environnement (préserver la planète pour les générations futures) est un mythe. S’il continue de la sorte, en matière de dégradation des équilibres économiques, écologiques et sociaux, à l’évidence, le développement durable, ne peut précisément l’être !

Quel que soit le vocable que l’on utilise, The limits to growth ou rapport Meadows pour le club de Rome en 1972, a-croissance, ou décroissance il n’y a pas d’avenir sans une inversion des paradigmes où le développement culturel et social des sociétés passe devant son développement économique continu. Vidéos et écrits permettront d’engager cette réflexion, un pas que bien peu de scientifiques osent franchir…

J’ai moi-même commencé à franchir le pas en écrivant Virer de bord. Plaidoyer pour l’homme et la planète (2011) et Oser la décroissance (2015), ces deux ouvrages étant publiés par L’Harmattan.

Beaucoup de collègues dans les sciences de l’environnement arrivent naturellement à un constat voisin mais, par peur d’une position qui pourrait être jugée comme « politique » ils osent rarement prononcer le terme « décroissance » !

Lire : Rodhain F., Lena C., 2006. Le mythe du développement durable. Préventique Sécurité, 85, 41-47.